ÉGALITÉ QUAND TU NOUS TIENS...

Aujourd'hui les profits des grands groupes internationaux sont parfois égaux et souvent supérieurs au PIB de pays dits " émergeants " (jusqu'où ?) comme le Mozambique, la Tanzanie ou le Ghana... 

Imaginez que demain quelqu'un vous dise que vous êtes trop pauvre pour avoir droit à un médicament pour votre conjoint ou pour vos enfants ? 
Quelle serait votre réaction ?

Pourtant les exemples ne manquent pas de médicaments qui ne peuvent être utilisés pour des questions de prix. 
C'est le cas des anti-rétrovirus qui permettent de prolonger la vie d'un malade du sida : un traitement par bi thérapie coûte de 25 à 50 000 francs par an et par patient, ce qui le met hors de portée des pays en voie de développement où se trouve pourtant la majorité des malades….

La nuque raide, la fièvre, des troubles de la conscience, des convulsions… La méningite qui se transmet de personne à personne par l'inspiration de la bactérie, frappe chaque année, à la saison sèche, dans une large bande de l'Afrique subsaharienne, mais aussi en Amérique latine et en Afrique australe, par exemple au Kenya. 

Le vaccin contre la méningite ne protège que pendant 3 ans. Vacciner toute la population tous les 3 ans coûterait trop cher et c'est pourquoi il faut intervenir d'urgence, alors que l'épidémie est déjà là. Non soignée, la méningite tue un malade sur 2.

S'il a disparu de nos contrées (le choléra a tué 95 000 personnes en France au siècle dernier) il continue de frapper en Afrique, en Asie, en Amérique latine…
Pour la première fois cette année, après le Mozambique, ou bons nombres de victimes ont été enterrées sur les plages, et la Tanzanie, le choléra a atteint l'île de Madagascar, le choléra provoque une déshydratation violente qui peut conduire à la mort. 

Les soins sont simples (il faut réhydrater le malade), mais il est en revanche difficile, dans les pays pauvres, de garantir un réseau d'accès au soin suffisant pour que les patients puissent arriver rapidement dans un dispensaire ou un hôpital. Il faut alors constituer des équipes mobiles qui se rendent dans les villages afin d'informer la population sur les moyens de prévention et distribuer des sels de réhydratation. 

Un million d'enfants de moins de 5 ans meurent chaque année du paludisme… Fièvre des marécages, fièvre mortelle quand le parasite atteint le cerveau (neuro-paludisme) le paludisme est transmis par la piqûre des moustiques anophèles et est extrêmement répandu dans tous les pays tropicaux. 

L'efficacité de la quinine est connue depuis bien longtemps, l'essentiel des progrès de la recherche ont été faits par les Américains afin de protéger leurs soldats lors de la guerre du pacifique. Mais depuis ? 40 % de la population mondiale vit dans des zones à risque, la résistance de la maladie aux traitements habituels (et la résistance des moustiques aux insecticides) ne font qu'aggraver la situation. Les médicaments récemment découverts, accessibles aux voyageurs et aux touristes occidentaux, sont beaucoup trop chers pour ceux qui en auraient le plus grand besoin… 

La trypanosomiase africaine ou maladie du sommeil est une maladie parasitaire transmise à l'homme par la piqûre d'une mouche connue sous le nom de mouche tsé-tsé. Huit à dix jour plus tard le parasite apparaît. La maladie possède 2 phases : la première peut passer inaperçue car les symptômes (fièvre, maux de tête, faiblesse, courbatures) ne sont pas très typiques et, sans examens de laboratoire, le diagnostic est difficile.

Dans la seconde phase le parasite envahit le système nerveux et le malade sombre progressivement dans un coma dont il ne sortira pas s'il n'est pas correctement traité. L'OMS estime à 300 000 le nombre de personnes atteintes actuellement. Parmi les 2 médicaments qui permettent de traiter le second stade de la maladie (50 à 60% des malades ) l'un n'est plus fabriqué, l'autre très ancien et à base d'arsenic est toxique et dangereux, donc difficile à utiliser. 

La fièvre jaune est transmise par le moustique A.africanus. Les travaux de déforestation, par exemple favorisent le contact entre les moustiques et les hommes, ce qui explique pourquoi de nombreux malades sont des hommes jeunes. On estime à 200 000 personnes le nombre de personnes frappées par la maladie chaque année mais ce nombre est sans doute sous-estimé. Le vaccin contre la fièvre jaune protège pendant dix ans, sans doute plus. 

Malheureusement, dans les pays en développement, la population est rarement vaccinée. Il n'existe pas de traitement contre la fièvre jaune. 

Quand survient une épidémie, cette maladie tue pratiquement un adulte sur 2, elle est encore plus meurtrière parmi les enfants. Le vaccin est le seul moyen efficace pour lutter contre la fièvre jaune et c'est pourquoi il est obligatoire dans la plupart des pays d'Afrique équatoriale et d'Amérique du sud.

La tuberculose revient en force, non seulement dans les pays frappés par le Sida mais aussi dans les républiques de l'ex-URSS, où le système de soin est défaillant et où la résistance du bacille aux traitements devient dramatique. 

Au mois de juin de cette année à l'hôpital de Soukhoumi, en Abkhazie, Véra est morte de tuberculose. 
Depuis des mois les médecins ne savaient plus comment la soigner alors que les traitements contre la tuberculose sont bien connus du personnel médical. 
Véra était atteinte d'une forme que l'on qualifie de multi-résistante. Cela signifie que les médicaments utilisés habituellement ont été impuissants à la guérir. 
Dans ce cas là le personnel médical ne dispose, pour effectuer une nouvelle tentative que de traitements coûteux, très long (2 ans) et mal tolérés. 

Dans le programme de médecins sans frontières en Sibérie plus d'un tiers des patients sont infectés par un bacille multi-résistant. 

Alors que faire ? Alors les organisations humanitaires médicales se mobilisent pour soigner ou vacciner en urgence des centaines de milliers de personnes. C'est déjà beaucoup, c'est indispensable, des milliers de vie en dépendent. Mais cela ne suffit pas. 

Que faire quand le paludisme frappe plus de 300 millions de personnes par an, que faire dans un pays où 30% des femmes en âge d'avoir un enfant sont séropositives, et que les médicaments sont trop chers ?

Comment soigner les malades de la tuberculose, alors que dans la plupart des pays de l'ex URSS, elle résiste à tous les antibiotiques connus ? Et que dire de ces maladies oubliées pour lesquelles il n'existe même plus de traitement, parce que les laboratoires pharmaceutiques, même s'ils les fabriquaient, n'arriveraient pas à les vendre. 

Il faudrait que tout le monde y mette un peu du sien…

Et que faire aussi pour ceux qui ont faim ?
Dans le tiers monde la faim possède 2 visages : le marasme et le Kwashiorkor.

Certains enfants sont totalement décharnés, le visage ridé comme celui d'un vieillard, le regard triste, les yeux enfoncés, leur peau semble trop grande pour leur corps. On appelle cette forme de malnutrition le marasme. 
D'autres sont très " joufflus ", le corps gonflé d'eau, les jambes, les bras, le visage couverts d'œdèmes. Leur peau est sèche leurs cheveux décolorés au point de devenir blancs. Cette forme de malnutrition est appelée Kwashiorkor.

Les enfants sont les premières victimes de la faim, parce que leurs réserves sont moins importantes que celles d'un adulte et parce qu'ils sont moins résistants. Les plus vulnérables sont les enfants de moins de 5 ans. A 1 an, ils pèsent à peine 4 kg alors qu'un enfant européen du même âge en pèse 10. 
S'ils vivaient en France, ces enfants seraient admis de toute urgence en réanimation. Sur les terrains de l'urgence ils sont pris en charge dans les centres de nutrition. 

Au sud du Soudan l'été dernier, l'extrême sécheresse conjuguée aux offensives militaires qui empêchaient tout ravitaillement, ont réduit des centaines de milliers de personnes à la famine. Écoutez Jenifer une infirmière :
" Les gens en sont réduits à chercher désespérément quelques grains enterrés dans les fourmilières. J'ai vu des regards tellement désespérés, mais tellement dignes ! Ces femmes me disaient : vous savez, nous n'avons pas toujours été comme ça. Nous n'avons pas toujours vécu dans cette déchéance. Aidez-nous seulement à passer ce cap difficile. Aidez-nous !

Certaines mères devaient choisir entre leurs enfants car les nourrir tous un peu n'aurait servi à rien. C'était des choix totalement inhumains et nous ne pouvions rien faire ! Durant l'enregistrement des enfants dans les centres de nutrition, les femmes se bousculaient, en venaient à se battre pour passer les premières. 
Je me souviens d'une mère très faible qui ne se battait pas, d'autres plus vigoureuses la repoussaient, elle avait à peine la force de se tenir debout. 

Au bout de quelques minutes, je me suis avancée vers elle, elle portait autour de son ventre un bébé. 
Doucement je l'ai détaché, il avait un an et pesait 4,5 kg. Nous l'avons tout de suite pris en charge, mais il était déjà trop tard. 
Il est mort deux jours plus tard… C'était ma première mission. " 

Sachant qu'aujourd'hui dans le monde un nourrisson par seconde meurt de faim ou de maladie. Dans quel système absurde vivons-nous ? 

Et si nous parlions maintenant de l'inégalité suprême ? 
Je veux dire que de nos jours, face à toutes ces petites vies du tiers monde qui pour beaucoup n'auront jamais senti qu'un jour elles ont été mises en ce monde, il y a les nanotubes qui demain vont remplacer nos artères, il y a des robots informatiques - chirurgiens qui sauront bientôt nous réparer, peut être seuls, il existe de tels progrès en médecine, en biologie et en génétique que bientôt (c'est à dire d'ici quelques dizaines d'années peut être ) certains ne vont plus mourir. 

Certains vont pouvoir éviter/esquiver les maladies et les virus, certains seront programmés génétiquement dés la naissance (moyennant finance ou la citoyenneté d'un des pays développés) pour résister mieux et surtout plus longtemps. Mais que dire aux premiers concernant les seconds ?

Et nous qui sommes au milieu, allons nous vraiment accepter facilement de vivre 70 ou 80 ans quand d'autres atteindrons 200 ou 250 ? Et si c'est plus ? 
Et s'ils deviennent immortels ? 

Il nous est presque égal aujourd'hui que ceux-là même vivent dans leurs châteaux et mènent grand train en bateaux fastueux ou en voiture de luxe, si ce n'est le sentiment d'injustice sociale et d'inégalité, parce que nous avons en nous même cette liberté d'esprit, cette humilité, cette culture humaine, cette autre richesse qu'ils nous envient sans cesse, prisonniers de leurs préjugés et de leurs grands airs. 

Mais si nous nous plaçons du point de vue de l'observateur attentif et que nous regardons d'un coté la multitude des déshérités de l'humanité mourir tout de suite et de l'autre quelques milliardaires privilégiés devenir immortel ou presque qu'allons nous ressentir ? 

Où va t-elle passer notre liberté et notre ouverture d'esprit devant cette offense éternelle ? Il est bien possible qu'au début nous ne le sachions pas, qu'ils nous le cachent, mais comme ici bas, comme le disait mon grand -père si certains oublient de réfléchir, personne n'oublie de compter (surtout l'argent !) nous le découvrirons tôt ou tard leur grand âge.

Et à ce moment là quelle serra t-elle la réaction de l'humanité ? Notre réaction... 
Posez-vous la question vous verrez.....

Ce qui est né mourra,
Ce qui a été rassemblé sera dispersé,
Ce qui a été amassé sera épuisé,
Ce qui a été édifié s'effondrera, 
Et ce qui a été élevé sera abaissé…

Free Warriors

 
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