Front Uni.

Les négociations sur le financement de l'UNEDIC et le Contrat d'aide au retour à l'emploi (CARE) avaient inquiété plus d'un syndicaliste et plus d'un salarié. Un sentiment diffus de division auquel s'ajoutait d'autres sentiments tout aussi inquiétants dont nous ne parleront pas s'en dégageait, tout ceci ne plaisait à personne et nous sentions que l'avenir des salariés de ce pays s'assombrissait ou s'engageait mal dans la mesure ou leur défense serait inorganisée, divisée, non solidaire. Beaucoup voyaient se profiler les négociations sur les retraites et sur les salaires dans la fonction publique sous un sombre augure. Erreur ! 
Concernant les retraites les syndicats font front, unis. La perspective d'une " américanisation " de notre système social, l'instauration d'un système de fond de pension avec suppression du système de répartition, l'abandon d'acquis sociaux majeurs comme la retraite à 60 ans fédère tout le monde. Il faut dire q'à ce sujet tout le monde voit avancer Mr Kessler de loin et depuis très longtemps et nul ne tient à brader la sécurité et le repos mérité des salariés sur l'autel des profits mirifiques des compagnies d'assurance…

Pour les salaires dans la fonction publique il y a une erreur technique du ministère. Engager une négociation avec comme point de départ une déduction de taux consentie au terme d'un précédant accord est une tactique perdante en négociation, on ne manipule pas les salariés et leurs représentants aussi facilement. Que le ministère prenne l'avis de négociateurs chevronnés, ces pratiques ne marchent pas, la manipulation est trop visible. Revenir en arrière discrédite même le principe de la négociation elle-même car à ce moment cette stratégie sous-entend que l'accord futur peut-être remis en question… Si c'est le cas pourquoi le négocier alors ? Un accord est réputé ferme et ne doit pas être remis en question, et si le ministère a l'impression d'avoir trop accordé les années précédentes il n'a qu'à s'en prendre à lui-même. L'échec des négociations sur les 35 heures qui s'est soldé par la publication d'un décret en août démontre qu'un peu comme le patronat la priorité de ce ministère est plutôt la gestion et non la négociation. 

Le front uni des syndicats dans ces dossiers est la véritable bonne nouvelle pour les salariés. Il faut souligner ce point et insister sur le fait qu'aucune action forte ne peut être envisagée sans une union totale des forces syndicales dans l'hexagone. Aussi les journées d'action communes des 25 et 30 janvier s'annoncent bien.

D'autres dossiers sont moins réjouissants. L'affaire Danone notamment.
Il y a bien une affaire Danone et la COB (commission des opérations boursières) a annoncé l'ouverture d'une enquête le 18.01. 
Le cours de l'action a baissé de manière suspecte (signe d'achats importants) peu avant la divulgation des fuites dans le journal le Monde. Le 4 janvier l'action chute de 5,49 % alors que l'indice CAC 40 est en hausse de 2,32%, plus de 1,2 millions d'actions Danone sont échangées en une séance, soit une hausse de 318 % du volume des transactions par rapport à la séance précédente. Le lendemain Danone perd encore 3,34 % contre 1% pour le marché avec encore 1,5 millions de titres échangés. Entre le 2 et le 5 janvier le titre perd prés de 10%. La COB qui dispose de système automatique d'alerte dés qu'un titre connaît des variations de cours ou des volumes de transactions supérieurs à la normale mène l'enquête. 
La direction du groupe elle annonce le dépôt d'une plainte contre x pour divulgation d'informations confidentielle.
Soit la direction d'un groupe alimentaire qui ayant tout racheté concernant les produits de ces activités de base sait qu'elle va devoir réorganiser et restructurer. Comment en tirer le plus vaste profit possible ?
1/ J'organise discrètement le rachat en bourse de mes propres actions. (via des intermédiaires divers et nombreux) 
2/ Je fais en sorte que mes intentions (fermeture de site, licenciements) soient devinées par les partenaires sociaux ou des personnes réputées pour leur engagement social et je leur fournis les éléments à charge. 
3/ Il ne reste plus qu'à attendre. Tout se fait tout seul.
La presse s'empare de l'information, gros titres, scandale… le titre monte en bourse…Concernant la communication je reste évasif… ainsi le titre risque bien de continuer à monter…
Financièrement ? Je fais une bonne affaire.
Scénario catastrophe ? Procès d'intention ? 
Espérons-le ! Lorsqu'un journaliste italien lui demande si " le plan " inclus les usines italiennes le DRH du groupe Danone commence par répondre par l'affirmative avant de se reprendre en expliquant qu'il n'y a pas de plan…. Puis on avoue chez Danone mener des études sur la rentabilisation et l'optimisation des lignes de productions.
L'art d'adopter une communication ambivalente lorsque l'on sait qu'elle peut faire monter l'action en bourse… Et dans la foulée on annonce une réponse aux salariés le 15 avril … Hausse assurée en bourse jusqu'à cette date. Tant mieux pour ceux qui ont acheté en bourse début janvier mais ceux-là ne sont pas les salariés du groupe. Ces manœuvres ne sont pas celles de la direction du groupe Danone car si c'était le cas cela voudrait dire qu'il y a envers les salariés du groupe une complète indifférence. Leur situation n'est pas considérée elle est même exploitée car si tout ceci a pour but de manipuler les cours en bourse c'est au détriment de la détresse psychologique des personnes et l'on hésite à croire qu'un groupe qui a tant de consommateurs oublierait que ceux-ci sont aussi salariés donc solidaires et libres du choix des marques qu'ils consomment…
Au fait chez Alstom non plus il n'y avait ni plan ni licenciements, malgré les fuites, on connaît la suite…
Manuel Valls vice-président du conseil régional d'ile-de-France a annoncé menacer de ne pas accorder une subvention de 20 millions de francs promise à Danone. Une bonne idée car il est possible que cet argent soit utile pour indemniser les salariés (en complément des indemnités de l'employeur bien sur) que Danone ne compte sur aucun cadeau… 

Free Warriors.

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